4 raisons montrant l’utilité des cabinets de recrutement

15 juin 2014 0 Par Pascale Kroll

En France, la majorité des entreprises réalise leurs recrutements sans prestataire externe. Un tiers des entreprises seulement fait appel à un cabinet de recrutement. Ces professionnels gardent cependant toute leur utilité. Ne serait-ce que pour 4 raisons. Notre point de vue.

1. Ce sont d’excellents sismologues : ils sont les premiers à ressentir les crises et les reprises

Comme il est dit pour les secteurs de l’intérim ou du bâtiment, ils font figure de très bons baromètres. Leur état de santé permet de prendre le pouls d’une profession, mais aussi de tous les secteurs et de l’activité économique en général.

Un exemple : au dernier trimestre 2008, la plupart avait ainsi subi l’arrêt brutal des commandes des grands comptes. Ceux qui surnageaient le devaient à leur portefeuille clients principalement composé de PME. Beaucoup notaient que leur activité liée aux recrutements dans les grosses PME en région était touchée à la fin du premier trimestre 2009.

 

2. Ils permettent de dégager des tendances sur des secteurs et fonctions en particulier

Ainsi en est-il, c’est un exemple parmi de nombreux autres, du cabinet de recrutement Robert Half, spécialisé dans la banque-finance. Il note régulièrement les métiers qui résistent le mieux à la crise. Des cabinets, de plus en plus nombreux, élaborent des études sur des secteurs et des fonctions. La palette de leurs missions s’élargit vers les études de rémunération.

3. Leur valeur ajoutée sur le conseil en recrutement en fait des partenaires de choix

On assiste depuis quelques années à une véritable mutation. Internet et les sites en ligne ont bouleversé la donne sur le marché du recrutement il y a plusieurs années. Le Net, loin d’être perçu comme un danger, est même plutôt apprécié pour son rôle d’accélérateur. Le métier change, et cela à cause du Web. Si les cabinets de chasse gardent toute leur légitimité pour proposer aux recruteurs des candidats que l’on ne trouve pas sur Internet, ils mettent plus que jamais en avant la recherche et le conseil. Aujourd’hui, aucun cabinet n’oserait prétendre ne faire que de l’approche par annonces, sauf à signer son propre arrêt de mort.

La dimension conseil devient la vraie valeur ajoutée des cabinets.

Dans les grandes entreprises « bien gérées », plus de 80 % des dirigeants sont « produits » en interne. C’est bien pour cette raison que les cabinets ont évolué de la « chasse de tête » au « conseil en management des talents ».

Heidrick & Struggles, par exemple, a vocation à devenir une entreprise de conseil global et à se positionner en tant que « replaceur » plutôt que « chasseurs de têtes ». La création, dès 2004, d’une branche Practice Leadership Consulting, plaçait H&S en première place des cabinets ayant amorcé le mouvement vers l’intégration d’une dimension plus globale de conseil dans leur offre. L’objectif affirmé était que cette Practice atteigne 30 % du chiffre d’affaires cinq ans plus tard.

Autre exemple, Korn Ferry International poursuit depuis plus de dix ans sa stratégie d’acquisition dans le conseil et les services de facteur humain. De quoi lisser les cycles de l’activité Search. Ce cabinet de chasse a également développé des activités RPO, entendez l’externalisation des solutions liées au recrutement.

« Depuis la crise de 2009, nous avons fait une parenthèse sur les activités de chasse et avons investi massivement dans les activités connexes telles que le conseil en organisation sociale, les études de rémunération, les projections de métiers. Nous avons également développé une activité d’accompagnement des cadres dirigeants », détaille le président d’un cabinet de chasse réalisant près de 2 millions de chiffre d’affaires.

Désormais, beaucoup de cabinets répondent présents pour apporter des solutions à toutes les préoccupations stratégiques des dirigeants. Cela peut être du recrutement mais, plus largement, du conseil en stratégie de recrutement.

Certains se sont lancés avec joie dans les études de rémunération et de fonctions, la mesure du climat social, ou encore les formations sur la thématique de la diversité et de la non-discrimination à l’embauche. Sur ce dernier thème, les avancées sont notables dans les cabinets. Créée en 2006, l’association A compétence égale rassemble des cabinets qui s’engagent à lutter activement contre les discriminations sous toutes ses formes. Elle compte aujourd’hui plus de 1 000 consultants bardés d’outils et de formations sur le sujet pour répandre la bonne parole aux entreprises et être capables de présenter des candidats sur le seul critère de leurs compétences.

4. Le cabinet vous garantit un recrutement et une intégration de qualité

Plus exactement, les probabilités de rater un recrutement sont plus faibles si le travail est effectué par un tiers que s’il est réalisé en interne.

Si la nouvelle recrue quitte prématurément l’entreprise, il faudra recommencer le processus de recrutement à zéro. En passant par un cabinet, vous avez la garantie que cet échec ne vous coûte rien. Le cabinet est en effet tenu de procéder, à ses frais, au replacement de la personne qu’il a recruté et qui part. Cette garantie a toutefois une date de péremption : elle est valide pendant sa période d’essai.

La qualité a, évidemment, un coût.

Les cabinets de recrutement doivent composer avec plusieurs données :

  • la concurrence de l’intérim,
  • la low-cost attitude qui bat son plein dans différents domaines,
  • la crise,
  • l’approche anglo-saxonne avec paiement au résultat.

A l’heure où on porte aux nues les rois du cost-killing, confrontés à leur propre survie, des cabinets n’ont pas eu d’autres choix que de travailler au succès. Ajoutez à cela l’absence d’exclusivité (l’entreprise-cliente confie la mission à plusieurs cabinets) avec l’idée que ce sera le meilleur (ou le plus rapide …) qui gagnera. Si on ajoute des consultants qui sont rémunérés non au salaire mais en proportion du chiffre d’affaires qu’ils font (ils vont naturellement être enclins à garder les missions pour eux, à en accélérer le déroulement, à cacher certains détails pour conclure rapidement), on obtient un cocktail explosif. La qualité est la première chose qui pâtit de ce type de précipitations.

La qualité a un coût, disions-nous. Cependant, cela ne dispense pas d’un regard critique. Il ne faut pas accepter de payer outre mesure pour l’adresse prestigieuse et l’orgueil du cabinet. Il serait en effet dommage de dépenser 80 000 euros pour travailler avec une enseigne prestigieuse alors qu’un bon professionnel vous fera la même chasse pour 20 000 euros.

Et vous, quelles sont les raisons que vous voyez quant à l’utilité des cabinets de recrutement ?

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