Quelles évolutions sur le marché des cabinets de recrutement en 2018 ?

Quelles évolutions sur le marché des cabinets de recrutement en 2018 ?

6 février 2018 0 Par Pascale Kroll

Regard sur l’évolution des cabinets de recrutement aujourd’hui et leur devenir. A l’occasion de la parution de la 9e édition du guide des professionnels du recrutement, seul guide critique et indépendant sur la profession.

Un guide à (re)découvrir que vous soyez une entreprise qui recrute, un candidat cible des cabinets de recrutement, voire un professionnel du secteur, toujours bon de s’inspirer des meilleures pratiques et d’être au fait de ce qui ne se fait plus dans son domaine.

Visualiser l’article d’origine sur le site Jobsferic, l’info sur l’évolution des métiers.

Quel état des lieux aujourd’hui sur le marché des cabinets de recrutement ?

Les cabinets de recrutement existent depuis des décennies : années 50-60 outre-Atlantique, début des années 80 en France. 30 à 40 ans, c’est une bien courte existence mais elle est oh combien tumultueuse : ces professionnels ont été en permanence valdingués entre les aléas de la conjoncture, l’évolution des outils de recrutement et des attentes des entreprises, l’émergence de nouveaux acteurs du numérique, une atomisation et hyperspécialisation du recrutement. Le sujet est passionnant : depuis environ 20 ans, chaque édition (tous les 2 à 3 ans) nous permet d’offrir les dernières tendances et évolutions de la profession. Cela s’adresse à la fois aux entreprises qui se demandent s’il est vraiment judicieux de passer par un cabinet de recrutement ou de chasse de têtes et quels sont les critères pour bien choisir leur partenaire, comme aux candidats cadres cherchant un emploi ou à en changer, ou encore aux cabinets qui aiment à scruter les pratiques de leurs concurrents et piocher des bonnes idées…

Quelques points en particulier pour un bon état des lieux

– Un marché du recrutement variable et atomisé :

le nombre de cabinets de recrutement présents sur le marché français oscille entre 1 000 et 1 600, au gré de la conjoncture. En 2008, période de crise, on en dénombrait 1 000. En 2017, les recrutements de cadres étant au beau fixe, le nombre de cabinets est reparti à la hausse (près de 1 500 établissements recensés), même si on estime que le socle de ceux qui travaillent vraiment sur ce sujet à plein temps est de l’ordre de 300 structures… Ces sacrés coups de yo-yo peuvent déstabiliser les clients et ne pas aider l’image de marque de la profession. Ils s’expliquent par une très forte atomisation de ce marché : à côté des quelques gros cabinets internationaux, souvent d’origine anglo-américaine s’appuyant sur une organisation mondiale, grouillent de nombreux petits cabinets indépendants, voire des structures unipersonnelles, fluctuant selon la conjoncture et dont le nombre aurait triplé sur la dernière décennie.

– L’hyperspécialisation de la profession :

Il y a dix ans, les cabinets aimaient à se définir comme des généralistes, qui pouvaient répondre à toute demande de l’entreprise. Ce serait aujourd’hui une faute stratégique. Les cabinets rassurent leurs entreprises clientes en se proclamant « cabinets multispécialistes », démontrant par là leur expertise et leur réseau dans le domaine de leur client. La plupart des cabinets se créent sur l’expertise de leur fondateur sur un secteur donné voire une fonction.

– L’émergence de professionnels issus du digital :

Pour trouver les profils pénuriques du domaine informatique et digital, il était logique que naissent des cabinets spécialistes du domaine, outre le développement de practice dans ce secteur pour les cabinets déjà bien implantés. Les derniers nés ont la particularité d’être très agiles, entendez par là qu’ils se targuent de diminuer de presque de moitié le temps de recrutement, à des coûts incomparables. Leurs armes massives d’attaque ? De faibles coûts de structure (beaucoup travaillent seuls, n’ont pas de bureaux et réalisent leurs entretiens dans les grands café parisiens) et une utilisation hors pair des réseaux sociaux, voire des méthodes innovantes qui les rendent très attrayants auprès de leurs cibles, jeunes et modernes.

Quelles évolutions à l’heure de la révolution digitale et de l’ubérisation annoncée du recrutement ?

La révolution digitale sur le recrutement a eu pour conséquence un renforcement de la monopolisation du secteur par des gros cabinets multispécialistes, qui gardent un fort avantage concurrentiel en opérant par le biais de partenariats avec des gros industriels, en procédant par rachats de cabinets et de solutions innovantes, mais aussi en jouant l’internationalisation massive, afin d’être véritablement des acteurs incontournables.

A côté de ces mastodontes présents sur tous les créneaux et s’étant imposés comme des ultra-pros des solutions innovantes sur le big data, le matching affinitaire, les soft skills et tous les sujets en vogue sur le recrutement de demain, les petits cabinets et ceux de taille intermédiaire mènent leur barque. J’ai observé que tous ces professionnels du recrutement se répartissent le marché, en s’hyperspécialisant sur des créneaux bien définis, sur une échelle de valeur croissante. Au risque de caricaturer, cela donne ceci :

– ce que j’appelle les sourceurs (recherche, identification du candidat. Le sourcing stricto sensu s’arrête là où commence l’entretien), dont la valeur ajoutée réside dans le fait de trouver rapidement le bon CV en utilisant notamment les réseaux sociaux.

– les cabinets de recrutement (qui ajoutent aux sourceurs le fait de réaliser du conseil succinct sur la définition de poste jusqu’au placement du candidat à son poste), travaillant au succès, une pratique de plus en plus demandée par les entreprises.

– les cabinets de recrutement demandant un acompte au départ de la mission car ils n’envisagent par leur travail sans une forte implication dès le départ et ont besoin de garantie de travail main dans la main avec leur client.

– les cabinets de chasse mettant tous les moyens à leur disposition pour chercher des profils plus pénuriques, plus de haut vol. Plus le profil est pénurique, stratégique, plus le territoire de chasse est international, plus la dimension conseil est avérée, plus les honoraires pourront s’envoler.

Le cabinet de recrutement de demain, c’est quoi ?

L’évolution majeure constatée ces dernières années, à l’heure où les entreprises sont plus promptes à internaliser leurs équipes de chasse et où elles se disent plus autonomes du fait de leur maîtrise des réseaux sociaux, est le rôle de conseil des professionnels du recrutement. Ils veulent désormais se définir non plus comme des cabinets de recrutement mais comme des cabinets de conseil en recrutement et/ou RH. C’est en effet là leur véritable valeur ajoutée.

De là découle une évolution qui fera de plus en plus la différence dans les années à venir : le cabinet de recrutement comme un partenaire de la marque employeur de l’entreprise. Comment peut-on en effet espérer attirer pour une entreprise un profil ultra prisé si on n’aide pas cette entreprise à être attractive ? Ce qui sous-entend également que le cabinet, en tant que premier interlocuteur de l’entreprise auprès du candidat, doit travailler également son image de marque ! Le cabinet de recrutement du futur se définit enfin comme un accompagnateur de talents : pour être certain de réaliser un bon matching entreprise/candidat, il doit appâter, suivre et ne pas laisser filer la perle rare.

Et vous, comment voyez-vous le cabinet de recrutement de demain ? A vos commentaires !

Pour trouver le bon cabinet de recrutement, pensez également à utiliser notre outil de matching. Il vous permet de trouver chaussure à votre pied selon des critères neutres (secteur, fonction, zone géographique) et selon les avis laissés par les candidats et entreprises clientes.