Les 7 grandes évolutions du marché du management de transition

10 mai 2015 0 Par Pascale Kroll

Le 14 avril dernier, l’A2MT (Association des Managers de Transition), a présenté la 3ème édition de son baromètre annuel du manager de transition. Retour sur la croissance du marché du management de transition, son évolution, les grandes tendances avec Benoit Bescond, son président.

Continuité dans le cadre d’une reprise lente de l’économie et modération des ambitions, tant de la demande que de l’offre. Sous une apparence immobile, le marché du management de transition bouge, lentement mais significativement.

C’est ce qu’on peut retenir de cette 3e édition du baromètre de l’association, réalisée en février 2015 auprès des managers de transition (200 réponses exploitables). Un baromètre visiblement très attendu. Par les managers de transition qui, souvent isolés et parfois oubliés, mais toujours concernés, veulent connaître les grandes évolutions de cette activité professionnelle. Mais aussi par les autres acteurs du MT, à savoir les cabinets et les entreprises.

L’A2MT relève sept grandes évolutions dans le baromètre 2015.

  1. La proportion de femmes exerçant le MT continue de croître, dépassant 21 % cette année. On note aussi que le taux d’accrochage de mission (nb missions/nb de manager) est plus favorable aux managers féminins.
  2. Les revenus moyens tirés de cette activité par les MT, qui avaient baissé depuis 3 ans, se stabilisent sous le seuil des 1000 € HT/jour (TJM). La répartition sur cette échelle qui pourrait ne pas être linéaire, sera étudiée attentivement dès l’an prochain.
  3. Le taux d’activité des MT augmente significativement (+41%) avec une durée moyenne de 7 mois. Cela prouve que si les missions ne se rallongent pas, la population des MT devient plus professionnelle en limitant les candidatures mort-nées.
  4. La part des missions réalisées dans des grands groupes est en nette diminution, au profit des ETI. La part pour les PME & PMI est encore faible et stable, bien que ce soit là un objectif de moyen terme.
  5. Parmi les fonctions occupées par les MT, la prééminence est passée aux postes de direction générale devant les directions financières ; on note aussi que les missions de chefs de projet passent du 5° rang au 3°, ce qui dénote une façon contemporaine de positionner le MT, par l’objectif de mission davantage que par le statut dans un organigramme.
  6. Le portage salarial (35 %) augmente nettement au détriment du CDD (22 %). Ces chiffres pour 2014 anticipent un peu l’effet attendu de la nouvelle ordonnance d’avril 2015 sur le portage salarial qui devrait soutenir aussi cette croissance.
  7. D’une recherche principalement via les cabinets spécialisés, les managers de transition diversifient leur angle d’attaque en s’appuyant à la fois sur le réseau personnel et sur les cabinets. Présentées hier comme solution d’avenir, les plateformes de masse sur le web ont déçu, tant les MT ont besoin de rencontrer une personne, y compris dans l’urgence plutôt que de simples présentation/vente de CV.

 

En résumé, voici les trois grandes tendances du management de transition observées cette année

D’abord et c’est heureux, le développement inéluctable du MT vers les ETI et probablement demain vers les PME/PMI.

Ensuite, les MT semblent plus réalistes quant au marché. Ils effectuent leurs recherches de missions et l’amélioration de leur employabilité de plus en plus par eux-mêmes. Ils portent des valeurs de partage et de prise en compte de la dimension sociale de façon apaisée qui vont bien au delà de la comparaison de CV.

Enfin, les managers de transition s’orientent naturellement vers les nouvelles formes de management ; celles qui comprennent la confiance, le bien-être au travail, l’évitement des ego déplacés. La proportion des femmes entrantes est un indicateur du soutien de ces nouvelles valeurs.

L’agilité et la flexibilité qu’offre ce mode de travail et que certain découvrent ou redécouvrent, apportent une solution aux projets d’évolution des entreprises en transformation.

A noter : si plus de 90% de l’intermédiation (cabinets) est réalisée à Paris, les missions sont réalisées à près de 50 % en IDF, 40 % en régions et 10 % à l’étranger.

 

Les informations détaillées sur la présentation faite le 14 avril sont accessibles sur le site de l’A2MT ou en s’inscrivant dans le groupe éponyme sur LinkedIn.